Tradition des tarots de Marseille

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#151 26-12-09 18:28:45

Daimonax
Membre Diable
Lieu: IdF
Date d'inscription: 12-07-07
Messages: 310
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Re: Etat des lieux

Charly Alverda a écrit:

Préférez les contrefaçons (...)

En italien, contrefaçons se dit... tarocci...

Et les contrefaçons sont une des spécialités de Naples aussi big_smile
Daimonax


Servitia regum superborum, suae libertatis immemores, alienam oppugnatum venire. (Tite-Live, II)
[Voyez] ces esclaves de tyrans arrogants, oublieux de leur propre liberté, venir agresser celle des autres.

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#152 05-01-10 17:49:45

Mystavi
Membre Sans Nom
Date d'inscription: 13-06-09
Messages: 217

Re: Etat des lieux

Bonjour à tous et bonne année,

J'ai toujours été surpris par la virulence du rejet de l'oeuvre de HP Blavatsky.
Il y a quelques années lorsque dans une discussion j'ai dit à un ami, lecteur assidu de Plotin, que je m'intéressais aux écrits de Blavatsky il m'en a fait le reproche et à la question que je lui ai posé "As tu lu la Doctrine Secrète ?" il m'a répondu "Certainement pas !" Il y a peu encore, lorsque j'ai fait remarquer à un autre ami que lorsque l'on faisais la moindre référence à l'oeuvre de Blavatsky on était "grillé" il m'a répondu en substance que c'était normal et justifié. Bien évidemment il n'a jamais lu ne serait-ce que quelques pages de ses écrits et il s'est contenté comme beaucoup de l'aperçu biographique classique dont M. Alverda nous a servi ici  il y a quelque temps.

Voilà donc une oeuvre qui est jugée négativement sans même, la plupart du temps, avoir été étudiée.
J'ai personnellement pris le temps - il en faut ! - de l'étudier ainsi que la suite de cet enseignement donné par Alice Bailey et très récemment par L.C.
A l'origine de ma démarche, c'est la curiosité qui était ma principale motivation de l'étude de cette oeuvre. J'en ai poussé davantage l'étude parce que j'ai trouvé l'hypothèse intéressante et abondamment et très intelligemment développpée.
Il ne s'agit pas de croire - la croyance est déjà d'un autre âge - mais bien de vérifier par l'expérience et la connaissance si cette hypothèse d'une création intelligente et de tout le système qui s'y rattache peut représenter une alternative crédible par rapport à l'hypothèse scientifique d'un chaos finissant par s'auto-organiser (je résume pour faire court).
Personnellement, j'aime bien avoir le choix et le fait de pouvoir mettre en parallèles deux hypothèses diamétralement opposées me satisfait. Quand à choisir, c'est une autre affaire. Il est bien difficile de trancher scientifiquement car si l'on peut confirmer partiellement l'une ou l'autre des hypothèses il est plus difficile de l'infirmer. Pour cela il suffit de se rappeler la complexité de la démonstration de Képler (ses fameuses trois lois) pour remplacer la théorie des épicycles de Ptolémée et faire naître d'une manière irréfutable une nouvelle vision du monde.

Je fait la même démarche entre avec la "chimie occulte" des théosophes et l'étude de la mécanique quantique. Et pareillement, je m'étonne du rejet dont l'hypothèse de la "chimie occulte" fait l'objet : un ami a qui je proposais de lui donner le volume de la chimie occulte en anglais ( la seule version disponible il y a encore peu) m'a répondu négativement car ce livre "déshonorerais sa bibliothèque".
Je serais bien incapable d'avancer un argument scientifique valable pour infirmer ou confirmer l'hypothèse de Leadbeather et Besant sur la structure de la matière dans le plan physique mais ce que je peux dire c'est que j'ai été frappé par la beauté et la simplicité explicative de cette hypothèse.

En réalité, je crois, pour y avoir un peu réfléchi, que le véritable problème qui se pose pour les hypothèses des théosophes et de leurs suivants c'est que dans la forme c'est à ce jour irrecevable pour l'immense majorité des penseurs : "ni dieux ni maîtres" comme le dit l'adage. L'hypothèse d'un univers déterministe - jusqu'à un certain point - tel qu'il est décrit par les théosophes et leurs suivants est jugée irrecevable, je crois, parce que trop contraignante : des Maîtres monsieur-je-sais-tout qui dispensent un enseignement au scalpel peut être ressenti comme dérangeant pour l'individualisme d'aujourd'hui et il me semble que la conception présente du penseur moderne sur l'éveil est révélatrice de cette recherche d'un béatitude qui, finalement, n'est sans doute que le prolongement des désirs de la personnalité, une recherche égoïste d'un nirvana hypothétique.
Voilà peut-être ce qui expliquerait ce rejet viscéral d'un enseignement que pour ma part, pour l'avoir étudié attentivement, je considère comme très intéressant et qui en définitive, ne devrait pas être considéré autrement que comme une hypothèse scientifique.

Cordialement.
PC

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#153 05-01-10 21:06:59

Charly Alverda
Membre Soleil
Date d'inscription: 29-03-08
Messages: 854

Re: Etat des lieux

Bonsoir Mystavi

J'ai un peu lu la Doctrine Secrête dans ma jeunesse, et je reconnais que c'était d'un apport estimable au début du siècle dernier. Mais on peut lire les Upanishads, la Gita, les Sutras, Hermès, Zoroastre dans de bonnes traductions depuis déjà longtemps, pourquoi ne pas s'abreuver aux sources plutôt que dans les eaux saumâtres ?

Je reste dubitatif !

Cordialement,

C..a

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#154 06-01-10 01:06:01

Charly Alverda
Membre Soleil
Date d'inscription: 29-03-08
Messages: 854

Re: Etat des lieux

Bonjour

Voici une liste (non exhaustive) des principales connaissances de la mythologie vers 1470 à propos des "tarots de Mantegna", suite d'emblèmes qui contient potentiellement 22 cartes du Tarot. C'est tiré de " Présentation d'Histoire de l'Art " de Gisèle Lambert, assistante à la Réserve du Cabinet des Estampes de la B. N. pour la sortie du livre paru en 1981 : Suite d'estampes de la Renaissance italienne dite Tarots de Mantegna. (Ed. Arnaud Sedoux)

J'ajoute qu'en 1499 était publié sur les presses de Alde l'Ancien, L'Hypnerotomachia, traduit en français sous le titre : Discours du Songe de Poliphile. Dans ce texte on peut se rendre compte de l'importance de l'augmentation des connaissances mythologiques en une vingtaine d'années.

EXTRAIT :

" Pour créer ces figures, l'auteur des Tarots avait puisé à diverses sources, le plus souvent littéraires. Au cours du Moyen-Age, les Dieux antiques notamment, avaient perdu leur forme classique, qu'ils vont en partie retrouver à la Renaissance. Les types du « jeu » représentent une progression vers le classicisme. Les premières éditions des mythographes anciens furent publiées au xVe siècle. Quelques ouvrages étaient utilisés par les artistes pour y découvrir des attributs caradérisant les allégories, des symboles, des emblèmes, identifiables par un public érudit.
Ceux qui suivent sont indispensables pour l'analyse des estampes du « jeu ». C'étaient des livres très en vogue à l'époque. De Nuptiis Mercurii et Philologiae de Martianus Capella, est l'une des références essentielles. L'auteur, écrivain latin, proconsul d'Afrique vers la fin du Ve siècle, est connu par son ouvrage, le Satyricon, en neuf livres, rédigé en vers et en prose. Les deux premiers, les Noces de Mercure et de la Philologie sont consacrés l'un à la Mythologie, l'autre aux neuf Muses. Les sept autres ont pour objet les sept Arts libéraux. L'auteur emprunta son savoir aux Anciens, surtout à Pline et à Varron. Il transmit la connaissance et le culte de l'Antiquité durant tout le Moyen-Age et son autorité fut considérable. Grégoire de Tours dit que les enfants élevés dans les cloîtres apprenaient ses vers par coeur. De nombreux manuscrits circulaient à la Renaissance, dont plusieurs sont encore conservés. L'édition princeps parut à Vicence en 1499 et plusieurs éditions furent publiées au XVIè siècle.
Le Liber imaginum deorum, du moine anglais Albericus, diffusa largement les images des Dieux. Les plus anciennes miniatures qui en découlent, illustrent les manuscrits de l'Ovide moralisé de la fin du XVe siècle. Celui-ci, poème édifiant du commencement du XIVè siècle, explique les Métamorphoses d'Ovide d'après tous les manuscrits connus. Il est écrit par un anonyme, identifié tantôt avec Philippe de Vitry, évêque de Meaux, tantôt avec Chrestien Legouais de Sainte-Mire.
De Genealogia deorum (Généalogie des Dieux) de Boccace (I3I3-1375), poète, littérateur et humaniste, est le premier manuel de mythologie moderne, en I373. Pendant deux siècles, les érudits s'en inspirèrent. Africa, de l'humaniste Pétrarque (1304-I374) s'inspire d'Albéricus.
Le Blazon des Couleurs, manuscrit du XVe siècle conservé à la Bibliothèque Mazarine, souvent copié (neuf manuscrits existent) comprend un traité des tournois, le nom et les armes des chevaliers de la Table ronde, les armoiries des neuf preux, celles des dix-sept rois chrétiens, la description des neuf Muses, des sept Arts libéraux et des Sciences. Il eft probable qu'il s'inspire de listes circulant à l'époque. Sa datation est incertaine; Hind, Merlin, Douët d'Arcq le situe vers 1420, Molinier vers 1467.
Mythologiae de Fulgence, clerc médiéval, est une allégorie sur les Dieux païens qui remonte au VIè siècle.
L'Anticlaudien (Anticiaudianus) d'Alain de Lille, cistercien du XIIè siècle, est un poème de six mille hexamètres latins qui traite des quatre artisans du monde : Dieu, la Nature, la Fortune et le Vice. Le char de la Prudence qui se rend dans les différents cieux est décoré des sept Arts libéraux décrits avec précision.
Il faut citer encore les Fabulae d'Hygin (IIè s. ap. J.-C.) qui eurent une grande importance à la Renaissance, les Saturnalia de Macrobe (début du Vè s. ap. J-C.), écrivain néo-platonicien tardif, les Mystères d’Egypte de Jamblique (v. 250-
330 AP. J.-C.), néo-platonicien également qui enseigna à Alexandrie.
Un autre ouvrage était très prisé des humanises, c'était le manuscrit Hiéroglyphica, d'Horus Apollo ou Horapollon, alexandrin du Ve siècle de notre ère (I), découvert par Cristoforo de Buondelmonti dans l'île d'Andros. Celui-ci le rapporta à Florence. Neuf manuscrits furent écrits au XVe siècle. Le cardinal Bessarion en eut une copie. L'ouvrage est un ensemble de rébus qu'il faut déchiffrer. Horapollon qui tient son nom de l'union de deux divinités, prétend révéler le sens caché des signes sacrés de l'ancienne Égypte. Cependant il possédait une connaissance minime de l'écriture égyptienne.
Bien d'autres ouvrages seraient encore à énumérer, l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, la Théogonie d'Hésiode, la Divine Comédie de Dante, etc.

(I)  Les Hieroglyphes d'Horapolion du Nil, étude publiée par lui-même en égyptien et traduite en grec par Philippe, en est le titre exact. Horapollon fut identifié à « Horus, fils de Osiris, roy d'Égypte » et même à Horus en personne en se référant à Plutarque ou à Hérodote. Au XVè siècle on découvrit un
Horapollon, philosophe à Alexandrie sous Théodose II (408-450), puis un autre Horapollon qui vécut beaucoup plus tard, sous Zénon (474-491). Voir C. F. BRUNON, « Signe, figure, langage: Les Hieroglyphica d'Horapollon », dans L'Emblême à la Renaissance, P- 30-47."




Cordialement,

C...a

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